Prix de l'électricité en 2026 : pourquoi les Français reviennent au bois

Avec un kilowattheure électrique presque trois fois plus cher que celui du granulé de bois, de plus en plus de ménages français font le calcul — et changent de chauffage.

23 janvier 2026·8 min de lecture
Poêle à bois allumé dans un salon moderne avec des bûches empilées en arrière-plan

Électricité en 2026 : une facture qui ne baisse pas

En février 2026, le tarif réglementé de vente (TRV) de l'électricité s'établit à 0,1940 €/kWh TTC en option Base. Si le prix du kilowattheure a connu une micro-baisse de 0,63 %, celle-ci est entièrement absorbée par la hausse de l'abonnement (+2 %). Résultat : pour la majorité des foyers, la facture reste au même niveau qu'en 2025.

Plus préoccupant, la suppression de l'ARENH (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique) au 1er janvier 2026 empêche désormais les consommateurs de bénéficier de la baisse des prix de gros européens. Selon les analystes, si le nouveau mécanisme post-ARENH avait été appliqué dès 2025, le coût d'approvisionnement de référence aurait bondi de 44 %, passant de 81 à 117 €/MWh. Les projections tablent sur une hausse potentielle des factures de 19 %, soit environ 250 € supplémentaires par an pour un foyer moyen à moyen terme.

Le bois : l'énergie la moins chère du marché

Face à cette pression tarifaire, le chauffage au bois affiche un avantage économique considérable. En mars 2026, les granulés de bois (pellets) se négocient autour de 0,07 €/kWh, soit un coût énergétique 2,7 fois inférieur à celui de l'électricité.

Concrètement, une tonne de granulés en vrac se situe entre 340 et 370 € TTC livrée, et le sac de 15 kg coûte environ 5,90 €. Pour une maison de 100 m² correctement isolée, le budget chauffage annuel avec un poêle à granulés tourne autour de 700 à 860 €, contre 1 200 à 1 800 € pour un chauffage électrique équivalent — une économie de 500 à 900 € chaque année.

Et le bois-bûches n'est pas en reste : le stère oscille entre 120 et 150 € selon les régions, ce qui en fait l'énergie de chauffage la plus abordable de France, devant même les granulés.

Comparatif complet : quel chauffage coûte combien ?

Voici le prix du kWh par énergie de chauffage en France au premier trimestre 2026 :

  • Granulés de bois (pellets) : 0,07 €/kWh
  • Bois-bûches : 0,04 à 0,06 €/kWh
  • Gaz naturel : 0,11 €/kWh
  • Fioul domestique : 0,11 €/kWh
  • Électricité (TRV) : 0,19 €/kWh
  • Propane : 0,16 €/kWh

L'écart entre l'électricité et les granulés atteint 159 %. Dit autrement, chaque euro dépensé en granulés produit presque trois fois plus de chaleur qu'un euro dépensé en électricité. Sur une saison de chauffe complète, cela se traduit par plusieurs centaines d'euros d'économies.

Un parc installé massif, une tendance de fond

Le chauffage au bois n'est pas une niche : 40 % des maisons individuelles françaises sont équipées d'un appareil de chauffage au bois, selon l'Observatoire des énergies renouvelables. Le parc installé compte environ 7 millions d'appareils domestiques (poêles, inserts, chaudières).

Après un ralentissement en 2023-2024 lié à la crise immobilière et à la compression du pouvoir d'achat, le marché montre des signaux de reprise. Les ventes de poêles à granulés sont reparties à la hausse en 2024 avec 88 000 unités vendues, contre 64 000 en 2023. Ce rebond s'explique par la stabilisation des prix du pellet et la recherche d'alternatives face à la hausse de l'électricité.

Le marché global du chauffage au bois domestique représente environ 850 millions d'euros en France, et le bois reste la première énergie renouvelable du pays en termes de consommation finale.

Pourquoi l'électricité continuera d'augmenter

Plusieurs facteurs structurels laissent penser que la tendance haussière de l'électricité n'est pas terminée :

  • La fin de l'ARENH supprime le mécanisme qui permettait aux fournisseurs alternatifs d'acheter de l'électricité nucléaire à prix régulé (42 €/MWh). Le nouveau dispositif expose davantage les tarifs aux fluctuations du marché européen.
  • Les investissements dans le réseau (grand carénage du parc nucléaire, développement des renouvelables, renforcement du réseau de transport) sont répercutés sur les factures via le TURPE.
  • La fiscalité énergétique : la TICFE (taxe intérieure sur la consommation finale d'électricité) est revenue à son niveau pré-crise, ajoutant une pression supplémentaire sur le prix final.

À l'inverse, le bois-énergie bénéficie d'un approvisionnement local (la France est le premier producteur européen de bois), de coûts de production maîtrisés et d'une filière en expansion. Le prix des granulés a retrouvé son niveau d'avant-crise et les analystes tablent sur une stabilisation durable autour de 345 à 390 €/tonne en 2026.

Les aides pour passer au chauffage bois en 2026

Malgré la réduction de certaines aides à la rénovation énergétique, le chauffage au bois reste soutenu par plusieurs dispositifs cumulables :

  • MaPrimeRénov' par geste : jusqu'à 1 250 € pour un poêle à granulés (ménages très modestes), entre 750 et 1 000 € pour les autres catégories.
  • Prime CEE : de 150 à 500 € sans condition de revenus, cumulable avec MaPrimeRénov'.
  • TVA à 5,5 % sur la fourniture et la pose (au lieu de 20 %), applicable pour tous les logements de plus de 2 ans.
  • Éco-prêt à taux zéro : jusqu'à 15 000 € remboursables sur 20 ans pour financer le reste à charge.

En cumulant MaPrimeRénov' et la prime CEE, un ménage aux revenus modestes peut obtenir jusqu'à 2 050 € d'aides, ramenant le coût net d'un poêle à granulés milieu de gamme posé à environ 3 500 à 4 000 €.

Que faire concrètement pour réduire sa facture ?

Si vous chauffez à l'électricité et que votre facture pèse de plus en plus lourd, le passage au chauffage bois est l'une des solutions les plus rentables. Voici les étapes :

  • Évaluez votre situation : surface, isolation, type de logement, énergie actuelle. Ces éléments déterminent la puissance nécessaire et les économies réalisables.
  • Choisissez le bon appareil : un poêle à granulés offre le meilleur compromis entre confort (programmation, autonomie) et rendement (85 à 95 %). Un poêle à bûches reste pertinent si vous avez accès à du bois local à bas prix.
  • Faites appel à un installateur certifié RGE : c'est la condition indispensable pour bénéficier des aides MaPrimeRénov' et de la prime CEE.
  • Estimez votre projet : obtenez un chiffrage précis incluant le coût de l'appareil, la pose, les aides déductibles et les économies annuelles attendues.

Les aides actuelles sont confirmées jusqu'à fin 2026, mais rien ne garantit qu'elles seront reconduites au même niveau en 2027. Si vous envisagez de changer de chauffage, c'est le bon moment pour faire estimer votre projet et comparer les options.

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